Après une période de transition et d’adaptation nécessaire depuis mon arrivée à Nam’ je me motives enfin pour vous donner des news.
Cela fait plus de trois semaines que je suis arrivé à Ho Chi Minh city ou Saigon pour les intimes, et le dépaysement est assuré. Alors comme
toute histoire qui se respecte, commençons par le début… Il était une fois un cul blanc (c’est le petit nom qui nous donne ici) qui débarquait au Vietnam…
Samedi 16 Août, après 14h00 de vol et une escale à Bangkok me voilà à destination, à l’est, là où le soleil se lève y paraît… Avant d’atterrir,
je survole le Mékong, enfin, Lt Dan retourne au pays. J’y aperçois même un troupeau d’hippopotames cendrés. Le Mékong vu du ciel, c’est pour toi public, et Yann Arthus Bertrand n’a qu’à bien se
tenir.
Ma collègue vietnamienne est là pour m’accueillir. Plus difficile à spoter qu’à l’aéroport de Biarritz, patundts ! je ne tarde pas à la
retrouver et on est parti pour l’hôtel où je dois rester jusqu’à ce que je me trouve un endroit à moi. Il s’agit plus d’une chambre d’hôte que d’un hôtel et l’ambiance y est conviviale.
D’ailleurs j’ai une pensée émue pour Antoine en découvrant qu’elle porte le nom « Chez Jacques ». L’endroit est tenu par Jacques lui-même et c’est en fait un endroit où certains expats
se retrouvent pour manger un magret de canard et s’enfiler un pti’ jaune (comme dirait Raoul : jeu de mot !). Le soir j’y rencontre des jeunes français qui bossent ici, et qui m’invitent à boire un coup en ville. Ca me permet de discuter du pays et d’en apprendre un peu plus sur les us et coutumes qui règnent ici et dont je ne
connais rien.
L’un de ces français est stagiaire dans la même boîte que moi, il vient d’y passer 7 mois et rentre trois semaines plus tard. Il me met donc au
jus, et je comprend qu’une grosse partie de mon boulot va être d’apprendre a travailler avec des viets.
Commençons donc par le boulot : comme je vous
l’ais déjà dit je n’ai pas le droit de vous dire ce que je suis venu faire ici pour l’instant.. C’est dans la continuité de ce que j’ai fais à l’INRA de St Pée dans le pays Basque. Je bosse sur
un site de recherche à 1h30 au Sud de Saigon, dans le haut delta au milieu de la mangrove. L’endroit est magnifique. La fin du trajet se fait sur une piste de 1m50 de large, et de 5 km de long,
bordée de palmiers, de petites maisons en feuilles de palme au bord d’étangs aménagés où les aquaculteurs locaux élèvent souvent des crevettes ou du panga (le poisson chat du mékong). Le
dépaysement est complet et je vous laisse découvrir ce paysage en photos. Le boulot est très prenant et j’enchaîne les grosses journées.
Départ 6h30 du mat’ et retour à 19h00. Je suis
donc bien claqué en semaine et je me couche tôt. Pour l’instant tout se passe bien avec les collègues viets (je suis le seul cul blanc), mais la culture est vraiment différente et je passe
beaucoup de mon temps à essayer de les déchiffrer, de comprendre leur logique (qui m’échappe parfois). La difficulté de communication n’est pas seulement due à la barrière de la langue et je me
dois de toujours d’être le plus diplomate possible afin que tout se passe bien et que le projet avance. Je dors parfois là bas pour échapper au vacarme de la ville et assister à quelques
opérations de nuit. Dernière au programme, pêche des crevettes d’un des étangs de production et vente directe à des grossistes. J’ai pas était déçu du voyage et ça m’a donné l’occase de
rencontrer les trappeurs du Mékong. A 22h00, une horde de motos débarquent d’un bateau accosté à quelques centaines de mètres de l’étang. Les gaillards installent leur matos, se jettent à l’eau
sans prendre le temps d’enlever leurs casques de motos (ici les casques ne sont pas des intégrales. Disons plus que ça ressemble à des kipas en dur ! Niiiice), et déploient leurs filets. Les
mailles du bas sont électrifiées par le biais d’une batterie de voiture qui flotte à côté dans un bidon d’essence découpé. Au contact du jus, les crevettes prennent un bon coup et restent dans le
filet.
Résultat des courses trois heures plus
tard : 2 tonnes de crevettes tiger 30 grammes. On s’en est mis plein la panse pour fêter ça. Pour la bouffe c’est pas les Amériques tous les jours et le plat quotidien se compose d’un ou
deux bols de riz et de poisson grillé.
Je fais donc les trajets tous les jours depuis Saigon, 3h00 de bus sur des routes moisies et comme Vincent, je passe pas mal de temps à me
dessiner une nouvelle raie du cul.
Saigon, ville de plus de 10 millions d’habitants, autant de motos (avec leur klaxon), de pollution et de bruit qui vont avec… mais aussi de vie,
d’endroits pour sortir et de chaleur humaine si on sait la reconnaître dans une poignée de main ou dans des yeux qui pétillent, pleins de malice et d’insouciance, où se reflète notre image
mystérieuse de grand blanc poilu (pour eux J). Cette ville tourne sans arrêt, 24h/24.
Que ce soit des gens, des insectes volants en
tous genres, les rats et serpents qui envahissent les rues après une bonne pluie de mousson, ou encore les petits geckos (lézards d’ici) qui habitent dans ma piaule, la vie est partout à Saigon.
La ville tourne à l’effort des hommes et des femmes qui y habitent : ici les vacances et les week-ends n’existent pas. Seule la sieste est sacrée, et n’essayez pas de priver un Vietnamien de
sa sieste sinon c’est Dien Bien Phu ! Et ils ont bien raison ! De toute façon à midi il fait beaucoup trop chaud pour faire quoi que ce soit donc j’ai adopté le petit roupillon
national, même si je ne me contente souvent que d’un petit quart d’heure. Comme je vous le disais, les motos sont partout et la notion de code de la route est légèrement différente de celle qu’on
peut avoir en France.
Disons juste qu’à part quelques feux rouges
parfois respectés, les panneaux de signalisation, la majorité des feux et les lignes au sol, c’est de la déco urbaine. Il faut donc être très vigilant dés qu’on sort de chez soi le temps
d’intégrer les quelques notions de base sur la route et sur les trottoirs: décontraction, regarder devant soi et savoir entendre quel coup de klaxon t’es destiné. Au début on ne comprend pas
vraiment comment il est possible de se déplacer dans cette cohue, mais on remarque assez rapidement, non sans une certaine admiration, la fluidité du trafic dictée par l’impatience générale des
conducteurs et le refus de laisser la priorité aux voisins. Vous l’aurez compris, quelque chose m’échappe encore, mais tant que ça roule… Le moyen de locomotion ici est la moto. J’ai moi même
commencé à utiliser ce moyen de déplacement, d’abord en xe om, les motos taxis locaux, puis en conduisant ma propre moto, une Honda wave 125 cm3
(photos à venir, yeaaaaaah foooooooo !). La route reste dangereuse, mais on ne roule pas à souvent à plus de 30 km/h en ville, ce qui limite le casse en cas d’accident. Ne vous faites pas de
soucis, j’ai investi dans un bon casque (intégral celui là) et je reste prudent.
Après avoir passé une semaine à chez Jacques, j’ai trouvé par l’intermédiaire de Mathieu, une piaule dans une maison de vietnamiens, dans le
centre de la ville. Chambre un peu kitsh avec des autocollants de Winnie l’ourson un peu partout, mais une ambiance de maison assez sympa dans l’ensemble. Ma fenêtre donne sur la seule voie
ferrée de la ville, la fameuse qui relie Saigon à Hanoi. C’est donc parfois un peu bruyant puisqu’il n’y a pas que les taxis et les motos qui klaxonnent ici. Le train s’y met de bon cœur aussi,
pour avertir les gens qui squattent les rails pour discuter ou casser la croute. On s’y habitue rapidement, et le quartier présente un avantage énorme : entouré de grandes rues commerçantes,
on y accède par un réseaux de petites ruelles, trop étroites pour les voitures et à peine assez grandes pour les motos. Il y a donc très peu de trafic, et on peut être dans le centre tout en
s’échappant du vacarme de la circulation. N’étant ici que quatre mois, cela me permet aussi de m’immerger dans la culture vietnamienne. Saigon et le Vietnam en général sont connus pour leur
gastronomie. Ici bon appétit se dit : je te souhaites manger bon riz, et même si le riz est l’aliment de base pour la majorité des plats et même des sucreries, il est accompagné de viandes
et de légumes aux saveurs qui m’étaient pour la plupart inconnues jusqu’à maintenant. Ils ont aussi l’art de faire des soupes de nouilles vraiment terribles, qui composent habituellement mon
repas du soir. Comme dirais Jeremy que les soupes d’asie du sud-est n’ont pas laissés indifférents : « these tiny dudes know how to make a good soup ! ». Pour trouver les
bonnes adresses il ne faut pas hésitez à s ‘asseoir dans des petits « restos » qui à première vue paraissent vraiment sales et peu hygiénique. Ils sont partout, et étant petits, ne font pas de stocks. Ce sont donc à base de produits frais qu’ils préparent leur nourriture chaque jour. La vie ici est
marqué par les coupures de courant généralisées et la notion de chaîne du froid est un concept qui n’a pas encore était intégré. C’est donc plus safe de manger dans un endroit comme ça que dans
un resto qui peu paraître plus respectable mais dans lequel les stocks des chambres froides (s’il y en a) subissent les aléas électriques de la ville. Les étoiles michelins d’ici se reconnaissent
aux tabourets en plastique ou aux paillasses à même le sol.
Donc pour l’instant, pas de grosse turista. Comme on dit ici, j’ai le cul blanc bordé de nouilles !
La Saigon Nightlife, c’est n’importe quoi et j’ai eu l’occase de me mettre des sacrés caisses, notamment pour mon anniv’. Terminé
au terminus, le seul bar ouvert à 4h00 du mat’, à essayer de battre un vieux ricains et sa pouffe viet au billard. Faut dire que je venais de poser un raoul et je voyais des boulles là où y’en
avait pas.
Les viets adorent faire la fête mais font tout super tôt (a 20h30 les boîtes sont blindées). Ce sont les pros de la bitture express’ et je vais vous raconter une soirée typique, vécue
à l’occase d’un repas d’entreprise. On débarque au resto à 18h30. Les gens sont chauds et on enchaîne les binouzes avec les traditionnels Mo, Hai, Bat, Yoooo ! (1,2,3, yo) et les culs secs
qui s’en suivent. A 21h00 tout le monde est raide, et tout le monde rentre chez soi. Heureusement il y’en a des plus solides et il y’a quelques français dans l’entreprise. On saute dans les
voitures de fonction direction le liquid, une boîte 100% viet. Arrivé là bas c’est l’hallu ! Les bouteilles de cognac se vident à tour de bras. Nous sommes une dizaine à table et nous avons
chacun notre ptite hôtesse viet pour remplir notre verre, trinquer et accessoirement nous servir des morceaux de fruit frais au bout d’un cure dent. Scandale ! Ca s’est terminé de façon
classique, un pti raoul et au lit. Jeeeeeze…
Autant dire qu’on peut vraiment faire la fête et pour pas cher. Enfin bon je ne passe pas mon temps à faire la chouille et en semaine je reste
posé pour pouvoir être au taqué au boulot.
Côté loisirs, je me suis remis au rugby, en faisant attention à ne pas me refaire mal au genoux. Ceci dit c’est un type de rugby différent, du
« touch ». Ce n’est pas du rugby de contact, et cela permet de se dépenser le samedi après midi et de rencontrer du monde. Je fais donc partie des Saigon Dirty Geckos, ce qui me vaut
quelques pintes gratos quand je débarque au Blue Gecko Bar avec mon maillot pour regarder un match de rugby avec des gens de l’équipe. Je vais nager aussi et j’essaye de continuer la muscu pour
ma jambe.
Si vous avez réussi à lire jusque là bravo, vous avez gagné le droit de voir les quelques vidéos prises ce week end. Je suis parti avec les
collègues du taf dans le nord, sur la côte. Décor de carte postale, ambiance posée. Trankilou, et cela m’a permis de sortir de Saigon pour la première fois depuis trois semaines et de voir du
pays.
Autant vous dire que j’étais le mec le plus poilu
de la côte Est mais bizarrement personne n’est venu me dire, eh martin t’es à la plage, détends toi enlève ton pull (Mawine j’ai pensé à toi). Ca a aussi été l’occase de découvrir un nouveau
fruit : le Jack fruit (décidemment Tonio ce pays est fait pour toi). Il faut savoir qu’ici ils sont fans de karaoke, y’en a partout, et ils ont vont tout le temps. Après y’en a des plus ou
moins « familiaux », explications dans un prochain article. Donc en prime pour vous, c’est le karaoké viet (familial) et c’est cadeau.
Voila pour les premières news les poulets. J'espère que tout va bien pour vous. Hésitez pas à envoyer des news. Take Care
Bon en fait j'ai du mal à charger la video, elle est trop lourde. Si vous savez quel logiciel je dois utiliser pour la compresser ou une manip dans le genre, vous aurez le droit au karaoke
viet.